une recherches

Retrouver le passé militaire d’un aïeul

Suite au 1er article consacré à ces aïeux qui ont participé à la Grande Guerre, une amie m’a interrogé pour savoir comment procéder. Sa question m’a donné l’idée de rédiger cet article pour aider celles et ceux d’entre vous qui souhaitent retracer l’histoire de ces ancêtres.

Voici donc comment j’ai procédé :

– Certains départements, par exemple le Morbihan et le Nord, ont mis en ligne les États signalétiques des services. Il s’agit des fiches individuelles de chacun des hommes appelés sous les drapeaux.
Pour retrouver la fiche d’un individu, il faut donc connaître sa « classe ». C’est très  simple puisque la classe de quelqu’un correspondant à l’année de ses 20 ans. Un homme né en 1898 sera donc de la classe 1908.
Il faut également connaître le bureau de recrutement auquel il était rattaché. Personnellement, ceux dont j’ai recherché les fiches habitaient à côté de Valenciennes et Lorient. Il y avait donc toutes les choses qu’ils dépendent des bureaux de ces villes ; ce qui était le cas. Parfois, surtout s’il s’agit d’un département qu’on ne connaît pas, cette recherche pourra demander un peu plus d’effort. Mais rien d’insurmontable !

Fiche matricule Constant False

Fiche matricule de Constant FALSE – Source Archives Départementales du Nord

– Chaque conscrit est identifié par un numéro matricule ; ce numéro n’est pas créé par ordre alphabétique. Cela se complique, me direz-vous ! Pas vraiment ! En effet, parallèllement aux Registres, les Archives disposent de tables alphabétiques. Il faut donc d’abord consulter ces tables sur lesquelles on trouvera, en plus du précieux numéro matricule, le numéro du registre dans lequel il est enregistré.

Table alphabétique Valenciennes Cl 1909

Extrait de la table alphabétique de Valenciennes Classe 1909 – Source AD du Nord

– Dernière étape, la plus facile, parcourir le Registre jusqu’à atteindre le n° de la personne recherchée. Là, en plus des informations sur l’état civil figurent des renseignements très précieux pour les généalogistes, surtout ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître ces aïeux. On trouve en effet l’adresse du domicile mais, surtout, une description physique relativement complète : taille, couleurs des cheveux, des yeux, forme du visage… et le degré d’instruction.

Suivent les informations purement militaires : dates de recrutement, affectation(s), date(s) d’arrivée dans ces affectations, grades…

Pour ceux dont les ancêtres ont combattu durant la 1ère Guerre Mondiale, des informations sur la « campagne contre l’Allemagne » sont également renseignées : date à laquelle le solde a été fait prisonnier, tué ou porté disparu…

Extrait Journal de Marche

Extrait d’un journal des marches et opérations – Source SGA – Mémoire des hommes

Vous pouvez également rechercher sur le désormais célèbre site SGA, mémoire des hommes, si un de vos anciens est Mort pour la France. Même quand ce n’est pas le cas, vous pouvez, grâce aux Journaux des marches et opérations des unités ayant pris part au conflit, revivre les évènements auxquels il a participé.

Une belle façon de rendre hommage à tous ces courageux !

Une Guerre

1ère Guerre Mondiale… ils y étaient : 1 – Fortuné False

Ils ont participé à la « Der des Der » !

Certains y ont laissé la vie, d’autres ont été faits prisonnier. Voici quelques membres de la famille qui ont participé à cet enfer.

Pour ce premier article, voici quelques infos sur celui que vous connaissez déjà un peu : Fortuné FALSE.

Il voit le jour à La Sentinelle, le 29 décembre 1889, aux « Six Maisons ». Son père mineur, a 27 ans, sa mère 23.

Acte de naissance de Fortuné False

Mineur, il le sera également, durant sa courte vie. C’est en effet la profession indiquée sur son acte de mariage le 31 janvier 1914.

Mariage Fortuné FALSE

Concernant son service militaire, je n’ai, comme je l’ai déjà écrit, pas d’information, n’ayant pu retrouver sa fiche matricule.

Il trouve la mort, tué à l’ennemi, à Verdun, côte 321, le 17 juin 1916. il était âgé de 26 ans. Sur la fiche Mort Pour la France, il est indiqué appartenir au 106ème bataillon de chasseurs.

MPLF Fortuné False

Hier soir, 1er septembre, après une nouvelle recherche, presque par hasard, je trouve, dans le registre des décès de La Sentinelle de 1920, l’acte de décès retranscrit de Fortuné. Avec, en plus, 26 lignes raturées suite à une erreur sur l’orthographe du nom de sa mère et l’oubli de la mention de son épouse. Il est donc bien confirmé qu’il est mort pur la France le 17 juin 1916 à Verdun.

Décès Fortuné False

 

Décès Fortuné False 2

 

Le sort s’est acharné sur lui et sa femme car il a eu un enfant, Fortuné, né le 19 novembre 1914 et qui est décédé le 29 juin 1920. Sur le registre des décès le père et le fils se suivent, eux qui ne se sont pas connus.

Fortuné FALSE retrouvé

J’ai effectivement retrouvé son acte de naissance, non pas le 28 octobre 1889 mais le 28 décembre 1889. J’ai même son acte de mariage en janvier 1914… quelques mois seulement avant de partir combattre.

Les registres matricules pour la classe 1909 sont effectivement un peu en pagaille et abimés. Sans doute, par un malheureux hasard, sa fiche a été détruite.

Merci à Cyril pour son commentaire et à @1J1Poilu pour leurs retweets et réponses.

 

Mais où est-il passé ?

J’ai trouvé sur le site SGA mémoire des hommes, la fiche d’un Fortuné FALSE, né à La Sentinelle et mort pour la France en juin 1916. Voulant savoir s’il faisait partie de ma famille, je vais voir sur les TD pour prendre connaissance de son ascendance.

MPLF Fortuné False

Première surprise, s’il est indiqué être né en 1889, rien sur les TD entre 1893 et 1903, j’ai pourtant ratissé large !

Je vais donc voir sur les tables alphabétiques du recrutement et je le trouve bien, avec le n° 1479, classe 1909, volume 3 des registres matricules. Je vais donc consulter ce registre et là… rien du tout non plus, sur l’ensemble des vues du volume.

Table alphabétique Valenciennes Cl 1909Table alphabétique Valenciennes Cl 1909

 

Je poursuis donc mes recherches sur l’ensemble des volumes concernant la classe 1909, soit 6, et nulle part, trace de Fortuné !

À ce jour, je n’ai pas encore parcouru les registres d’état-civil de La Sentinelle de ces années là mais avouez que cela est bizarre ! Si mes recherches aboutissent, ce que j’espère, je consacrerais un autre article à ce Fortuné FALSE, qui a donné sa vie pour la France.

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Généalogie et informatique

Contrairement à de nombreuses personnes qui viennent à l’informatique par la généalogie, j’ai suivi le chemin inverse. C’est en effet la découverte d’un logiciel de généalogie, trouvé à l’époque sur le CD d’un magazine informatique, qui m’a donné l’idée de voir ce que donnait ce type de recherches.

Depuis, j’ai essayé plusieurs logiciels dont les 2 ténors que sont Généatique et Heredis. Dire que l’un est supérieur à l’autre n’a aucun intérêt. Ceux qui ont commencé avec Généatique auront du mal à migrer vers Heredis et inversement.

Pour ma part, c’est ce dernier qui m’accompagne depuis maintenant pas mal d’années et j’en suis très satisfait. D’autant que contrairement à son concurrent, il existe une version Mac.
Vous souhaitez en apprendre un peu plus sur cette version, je vous invite à lire cet article, écrit pour iPhonophile, blog auquel je participe.

Une Sentinelle

La Sentinelle

Mes grands-parents maternels habitaient à La Sentinelle, à environ 6 km de Trith St Léger, où je vivais avec mes parents.

Me renseignant sur cette mine qui avait vu travailler la majeure partie des hommes de cette branche, j’ai découvert plusieurs choses que j’ignorais et que j’ai eu envie de partager :

À l’origine un hameau de Trith St Léger, La Sentinelle doit son nom à l’étang du Vignoble ; plus particulièrement à ses sources souterraines. En effet, en cas de montée des eaux, et donc de risque d’inondation, les mineurs de cette fosse pouvaient donnner l’alerte aux mineurs des autres fosses.
La Sentinelle, avec l’extraction du charbon, s’étend et devient une commune à part entière en 1875.

Une de mes sœurs s’est mariée à l’église de la commune. L’église Ste Barbe, la patronne des mineurs, étaitt à l’origine un bâtiment minier. Les mines d’Anzin le transforment en église en 1852. L’entrée du puits de la fosse Sentinelle était au niveau de l’actuel parvis de l’église.

Le Coron Carré en 1956

Le coron carré, un des corons de La Sentinelle, est l’endroit où habitaient mes grands-parents, au n° 98. Une salle, une cuisine et deux chambres à l’étage. Une cave bien évidemment dans laquelle était stocké le « carbon » mais aussi les pommes de terre du jardin. Je me souviens de la petite cour dans laquelle on trouvait une grande remise, les WC et une autre petite remise sur le côté de la première. Comme tous les habitants du coron, il avait son jardin, avec son poulailler et ses lapins. Il avait aussi une « terre » : parcelle qu’il cultivait un peu plus loin.

Le Coron carré en 1963

J’étais persuadé que le coron avait été rasé ; je l’avais aperçu à l’abandon en 1997. J’ai été très agréablement surpris de découvrir que non seulement il existe toujours mais qu’il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Je possède quelques photos de mes grands-parents ; hélas, à l’époque, on s’intéressait peu aux bâtiments et on ne fit que distinguer la maison…

Pour plus d’informations :
Le site de la mairie de La Sentinelle
La Fosse La Sentinelle sur Wikipedia